Au début des années 2000, le Maroc était confronté à une situation critique : plus de 3 600 décès par an sur les routes, une gouvernance fragmentée, une prévention quasi absente et une application inégale du Code de la route. Cette situation alarmante a nécessité une réponse nationale forte, coordonnée et durable.
La première Stratégie nationale de sécurité routière (2004–2013) a marqué un tournant décisif. Conçue comme un cadre structurant, elle a permis de poser les bases d’une politique publique fondée sur la planification, l’action multisectorielle et la responsabilisation des acteurs. Articulée autour de neuf axes d’intervention, elle a introduit les premières réformes structurantes du système routier, dont la réforme du cadre législatif et la promotion d’une culture de prévention.
En 2006, le Maroc a consolidé la gouvernance du secteur avec la création du Comité Interministériel de la Sécurité Routière (CISR), présidé par le Chef du Gouvernement. Il réunit l’ensemble des ministères concernés pour orienter, coordonner et suivre la politique nationale. Ce comité est appuyé au niveau territorial par des Comités Régionaux de Sécurité Routière (CRSR), pour assurer un ancrage local des politiques engagées.
L’année 2010 a été marquée par une réforme juridique majeure : le nouveau Code de la route, qui a introduit des dispositifs modernes (permis à points, classification des infractions, obligations spécifiques aux conducteurs professionnels). Ce Code constitue aujourd’hui le socle juridique de la sécurité routière au Maroc.
En 2020, la création de la NARSA (Agence Nationale de la Sécurité Routière) a permis de professionnaliser et centraliser l’action publique. L’agence est désormais l’opérateur national en matière de sécurité routière, assurant la gestion des services aux usagers (permis, immatriculations, contrôle technique), la coordination des programmes nationaux, ainsi que le développement du système national d’accidentologie.
Consulter le site web : https://www.narsa.ma/fr